Vous trouverez ici un peu de tout et beaucoup de rien. Pas mal de trucs sur des vaches, des bouquins, des disques ou des films qui m'ont donnés l'envie d'écrire un peu à leur sujet.

Nel

Cows-llection

Vous pouvez admirer l'ensemble de notre patient assemblage de vaches virtuelles dans notre album cow-llection @ flickr

La horde du Contrevent
[Alain Damasio]

Publié le 27.02.05 à 16:30

Vous l'aviez peut-être remarqué il y a quelques jours en exergue dans 'Now reading' ci-contre. Après l'avoir fini et laissé mes impressions mûrir, je pense qu'il vaut effectivement une chronique.
Now playing: Morphine - You Speak My Language
C'est un livre étrange : l'histoire d'une quête absurde, d'un entêtement millénaire, d'un espoir et d'une fierté immense. Le quatrième de couverture vous livre le synopsis suivant déjà d'une poésie inhabituelle dans la production actuelle (et je dois reconnaitre que c'est ce point qui a finalement effacé les a priori que sa mise en exergue dans le magazine de la FNAC et Libération avaient sucités - trop de marketing, trop de nouveaux génies - mauvais - découverts par les médias ?) :
"Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême-Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême-Amont. Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime."
Cette première impression ne se dément pas. C'est un long récit poétique mélant plusieurs narrateurs, plusieurs sensibilités, plusieurs lectures. Au premier abord, cette construction peut rebuter mais l'on identifie vite styles et personnages oubliant vite la graphie indiquant les changements de narrateurs. Le vent personnage central habite littéralement également le récit, cette lutte devient peu à peu la nôtre par la magie du texte : on souhaite et espère l'Extrême-Amont mythique, on se décourage devant les obstacles de plus en plus improbables, on souffre avec la horde de l'humidité, du froid, du bruit ...

Mais là où ce livre se distingue encore, c'est par ses prolongements. En effet, joint au livre on trouve un disque (la bande originale du livre - concept que l'éditeur La Volte promet pour la plupart de ses ouvrages) et un univers graphique superbe (voir le site du livre et plus particulièrement la section L'Univers de la Horde). Je trouve ce travail en aval du texte passionnant, il ouvre encore plus la porte à l'imaginaire (même si par exemple la musique d'Arno Alyvan n'est pas mon style de musique préféré on y retrouve sans nul doute la violence et la force du vent), il lui donne une dimension supplémentaire.

Nel.